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Économie

Trois chiffres reviennent sans cesse dans le débat public : les prix, l'emploi, la croissance. Les voici en perspective, sur longue période, tels que les mesure la statistique publique.

Les prix augmentent-ils plus vite qu'avant ?

L’inflation mesure la hausse générale des prix. Quand elle est à 2 %, un caddie qui coûtait 100 € l’an dernier coûte 102 € aujourd’hui. La Banque centrale européenne vise une inflation proche de 2 % : un peu d’inflation est considéré comme normal dans une économie qui tourne.

Après la flambée de 2022-2023, la plus forte depuis quarante ans (portée par l’énergie puis l’alimentation), la hausse des prix est revenue à un rythme plus habituel. Attention : que l’inflation ralentisse ne signifie pas que les prix reviennent à leur niveau d’avant. Les hausses passées restent acquises.

Comment lire ce graphique ?

La courbe montre de combien les prix ont augmenté (ou baissé) par rapport au même mois de l'année précédente. Une courbe qui redescend ne veut pas dire que les prix baissent : ils continuent d'augmenter, mais moins vite.

Où en est le chômage ?

Le taux de chômage présenté ici suit la définition du Bureau international du travail (BIT), la même dans tous les pays : être sans emploi, disponible, et en recherche active. C’est ce qui permet de comparer la France à ses voisins et de suivre une tendance de long terme.

Ce n’est pas le nombre d’inscrits à France Travail, souvent cité dans le débat public et plus élevé : on peut être inscrit tout en travaillant un peu, ou sans chercher activement. Les deux chiffres racontent des histoires différentes : celui-ci est le plus fiable pour les comparaisons.

Comment lire ce graphique ?

Chaque point représente la part des personnes au chômage parmi la « population active » (celles qui travaillent ou cherchent un emploi), un trimestre donné. Suivez la tendance sur plusieurs trimestres plutôt qu'une seule valeur.

L'économie française est-elle en croissance ?

Le produit intérieur brut (PIB) additionne tout ce que le pays produit en biens et services. Sa variation d’un trimestre à l’autre, « la croissance », est l’indicateur le plus suivi de l’activité économique : autour de +0,5 % par trimestre, l’économie va bien ; proche de zéro, elle stagne ; en dessous, elle se contracte.

Deux trimestres consécutifs de recul sont souvent appelés « récession technique ». Gardez en tête que ces chiffres sont régulièrement révisés pendant plusieurs trimestres, le temps que l’INSEE consolide ses comptes.

Comment lire ce graphique ?

Chaque barre indique de combien la production du pays a augmenté (barre vers le haut) ou reculé (barre vers le bas) par rapport au trimestre précédent, une fois l'effet des prix retiré. Les deux barres extrêmes de 2020 correspondent au confinement puis au rebond.

Les Français créent-ils toujours autant d'entreprises ?

Chaque mois, l’INSEE compte les entreprises qui s’immatriculent au répertoire Sirene : sociétés, entreprises individuelles classiques et, depuis 2009, micro-entrepreneurs. Ce régime simplifié a changé l’échelle du phénomène (d’où le bond de la courbe cette année-là) : il représente aujourd’hui environ deux créations sur trois.

La France bat des records de créations depuis quelques années, au-delà du million par an. Attention à ce que le chiffre veut dire : une création est un enregistrement administratif. Elle ne dit rien de la taille de l’entreprise, des emplois créés ni de sa survie ; beaucoup de micro-entreprises restent des activités d’appoint, et une partie ne dégagera jamais de chiffre d’affaires. C’est un bon thermomètre de l’envie d’entreprendre, pas une mesure de la vitalité économique à lui seul.

Comment lire ce graphique ?

La courbe montre le nombre d'entreprises créées chaque mois, micro-entrepreneurs compris, une fois corrigé l'effet des saisons et du calendrier. Autour de 100 000 créations par mois ces dernières années : un record historique. Suivez la tendance sur plusieurs mois, un mois isolé peut être erratique.

Quel est le niveau de vie des Français ?

Le niveau de vie médian est le revenu dont dispose un ménage une fois pris en compte les impôts, les prestations sociales et la taille du foyer, ramené à une personne. La moitié des habitants vit avec moins, l’autre moitié avec plus : c’est une meilleure photographie du Français « au milieu » que la moyenne, que quelques très hauts revenus suffisent à tirer vers le haut.

Regardé par département, il révèle une géographie sociale très marquée : les territoires les plus aisés et les plus modestes peuvent être voisins. Ce chiffre ne dit rien, en revanche, du coût de la vie local : un même niveau de vie ne permet pas le même train de vie à Paris et dans une zone rurale.

Comment lire ce graphique ?

Le niveau de vie médian partage la population en deux : la moitié des habitants vit au-dessus de ce montant, la moitié en dessous. Il est calculé par « unité de consommation », une façon de comparer des ménages de tailles différentes. Le chiffre porte sur une seule année (dernier millésime disponible).

France métropolitaine : les chiffres des outre-mer sont dans leurs fiches départementales.

Comment lire cette carte ?

Plus un département est foncé, plus le niveau de vie médian y est élevé. Les écarts entre territoires sont nets : survolez la carte pour voir chaque montant. Une médiane départementale reste une moyenne de situations très diverses à l'intérieur du département.

Combien de personnes vivent sous le seuil de pauvreté ?

Une personne est considérée comme pauvre, au sens monétaire, si elle vit avec moins de 60 % du niveau de vie médian, le seuil retenu par l’INSEE et au niveau européen. En France, cela représentait environ un habitant sur sept ces dernières années.

C’est une mesure relative : elle compare les plus modestes au reste de la population, pas à un panier de biens fixe. Le taux peut donc baisser lors d’une crise qui appauvrit tout le monde, ou monter quand le niveau de vie médian progresse. Il se lit en tendance, et se complète du niveau de vie médian et des écarts entre territoires, visibles sur la carte.

Comment lire ce graphique ?

Le taux de pauvreté est la part de la population qui vit avec moins de 60 % du niveau de vie médian. C'est une pauvreté « relative » : le seuil suit le niveau de vie médian du pays, il monte donc quand l'ensemble s'enrichit. Suivez la tendance sur plusieurs années plutôt qu'une valeur isolée.

France métropolitaine : les chiffres des outre-mer sont dans leurs fiches départementales.

Comment lire cette carte ?

Plus un département est foncé, plus la part d'habitants sous le seuil de pauvreté y est élevée. La carte porte sur une seule année (dernier millésime disponible). Les écarts vont du simple à plus du double selon les territoires.

Combien coûte le baril de pétrole ?

Le baril de pétrole est la matière première à partir de laquelle sont fabriqués l’essence et le gazole. Son prix se fixe sur les marchés mondiaux : le Brent de la mer du Nord sert de référence internationale. On le cote en dollars par baril, comme partout dans le monde.

Ce cours est le point de départ, pas le prix final. Entre le baril et le plein, il y a le raffinage, le transport, la distribution et surtout les taxes. C’est pourquoi, quand le baril s’envole ou s’effondre, le prix à la pompe bouge dans le même sens, mais beaucoup moins fort en proportion, comme le montre le graphique suivant.

Comment lire ce graphique ?

La courbe montre le prix quotidien du baril de « Brent », la référence internationale, en dollars. Un baril, c'est 159 litres de pétrole brut, pas d'essence prête à l'emploi. Le cours varie fortement selon la conjoncture mondiale (croissance, conflits, décisions de l'OPEP) : c'est normal de le voir monter et descendre sans cesse. Par défaut on affiche la dernière année ; les boutons de réglage permettent de reculer jusqu'en 2000.

Combien coûte le plein à la pompe ?

Voici ce que paient concrètement les automobilistes : le prix moyen du litre à la pompe, pour les deux carburants les plus vendus, le gazole et le SP95-E10.

Deux façons de le mesurer, au choix sur le graphique : la moyenne des stations, calculée chaque jour à partir des prix affichés par les quelque 10 000 stations-service, et le prix moyen payé, relevé officiel hebdomadaire pondéré par les volumes vendus. Le second est un peu plus bas : les grandes surfaces, moins chères, vendent l’essentiel du carburant.

En comparant avec le cours du baril ci-dessus, on voit l’effet amortisseur des taxes. La TICPE (un montant fixe par litre) et la TVA pèsent plus de la moitié du prix affiché : cette part, en grande partie fixe, ne bouge pas avec le marché. Résultat, le prix à la pompe suit la tendance du pétrole, mais de façon beaucoup plus atténuée, à la hausse comme à la baisse.

Le prix moyen affiché par les quelque 10 000 stations-service, chaque station comptant pareil. Actualisé chaque jour.

Comment lire ce graphique ?

Les deux courbes montrent le prix moyen national du litre, toutes taxes comprises : le gazole (le carburant le plus vendu) et le SP95-E10 (l'essence la plus courante). Deux mesures au choix : la moyenne des stations (chaque station compte pareil, actualisée chaque jour) et le prix moyen payé (relevé hebdomadaire officiel, pondéré par les volumes vendus : les grandes surfaces, moins chères, y pèsent davantage, d'où un chiffre un ou deux centimes plus bas). En France, les taxes représentent plus de la moitié du prix affiché. C'est pour cela que la pompe amortit les variations du baril : même quand le pétrole double, la part fixe des taxes empêche le prix du litre de doubler. Ce sont des moyennes nationales : votre station peut afficher plusieurs centimes d'écart.

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