Environnement
Le climat qui change et ses effets concrets : les émissions de gaz à effet de serre de la France, la part du pays soumise à des restrictions d'eau et la surface brûlée par les feux de forêt, suivie par satellite semaine après semaine.
Les émissions de gaz à effet de serre de la France baissent-elles ?
Les gaz à effet de serre retiennent la chaleur dans l’atmosphère : plus on en émet, plus le climat se réchauffe. La France s’est engagée à réduire fortement ses émissions. Cette courbe est le meilleur thermomètre pour savoir si cet objectif se concrétise, année après année.
Le chiffre suivi ici est le total hors puits de carbone (dit « hors UTCATF ») : il additionne tout ce que le pays rejette, sans retrancher le CO2 que les forêts et les sols absorbent. C’est la référence des politiques climatiques et du baromètre du Citepa, l’organisme qui établit l’inventaire officiel de la France pour l’ONU et l’Union européenne.
Deux limites à garder en tête. D’abord, ce sont les émissions produites sur le territoire : elles ne comptent pas le CO2 dégagé à l’étranger pour fabriquer les produits que nous importons (l’empreinte carbone, plus large, est plus élevée). Ensuite, une baisse une année donnée peut tenir à la conjoncture (un hiver doux, un ralentissement économique) autant qu’à des efforts de fond : c’est la tendance sur plusieurs années qui compte.
Quelle part du pays est soumise à des restrictions d'eau ?
Quand la sécheresse s’installe, les préfets limitent les usages de l’eau par arrêté : arrosage des jardins, lavage des voitures, remplissage des piscines, irrigation des cultures… Quatre niveaux existent, de la vigilance (appel à économiser, sans interdiction) à la crise (seuls les usages prioritaires restent autorisés : santé, sécurité, eau potable).
Ce graphique cumule ces décisions locales en une image nationale : la part de la surface du pays placée à chaque niveau, jour après jour, d’après VigiEau, le service public qui recense tous les arrêtés sécheresse. On y lit à la fois le cycle des saisons (les restrictions culminent en été) et les années hors norme, comme 2022 ou l’été en cours.
Une précaution : la courbe reflète des décisions préfectorales, pas une mesure directe de l’état des rivières et des nappes. Deux départements dans la même situation peuvent réagir avec un zèle différent, et la doctrine s’est durcie au fil des ans. C’est un bon baromètre de la tension sur l’eau, à lire en tendance.
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Restrictions sur les eaux superficielles (rivières, plans d'eau) : la mesure de référence de la sécheresse, suivie depuis 2013.
L'année est-elle exceptionnelle pour les feux de forêt ?
Chaque été ramène la question : cette année brûle-t-elle plus que les autres ? Ce graphique y répond en direct, ou presque. Il suit la surface brûlée cumulée depuis le 1er janvier, semaine après semaine, d’après la cartographie satellite du système européen EFFIS (Copernicus), actualisée en continu pendant la saison des feux.
La comparaison est la clé de lecture : le graphique retient de chaque année depuis 2006 la moyenne (en pointillé) et le record (aplat gris, le plus haut cumul jamais mesuré à chaque moment de l’année). On voit ainsi en un coup d’œil si l’année en cours est calme, ordinaire ou hors norme, sans attendre les bilans officiels de l’hiver.
Deux précautions : le satellite ne détecte que les feux d’environ 30 hectares et plus (les nombreux petits départs de feu lui échappent), et il mesure toute la végétation brûlée, pas seulement la forêt. Les chiffres de l’année en cours restent provisoires ; le bilan de référence, la base BDIFF du ministère de l’Agriculture, n’arrive qu’avec un an de décalage.
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Brûle-t-il plus qu'avant ?
Prise année par année, la surface brûlée ne suit pas une pente régulière : elle saute d’une année calme à une année noire au gré des sécheresses et des canicules. 2022 reste l’année record du satellite, avec plus de 66 000 hectares partis en fumée, loin devant la moyenne des années 2010.
La tendance de fond est pourtant là : les années à plus de 20 000 hectares, rares avant 2015, sont devenues fréquentes. Le réchauffement allonge la saison des feux et l’étend vers des régions autrefois épargnées, au nord et à l’ouest du pays.
Même précaution que ci-dessus : ces chiffres viennent du suivi satellite EFFIS, qui ne voit que les feux d’environ 30 hectares et plus. Ils sous-estiment donc le nombre réel d’incendies, mais suivent bien les grandes surfaces, celles qui pèsent dans le bilan d’une année.
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